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CERTA-2008-ACT-023

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S . G . D . S . N
Agence nationale
de la sécurité des
systèmes d'information

République Française Paris, le 06 juin 2008
No CERTA-2008-ACT-023

Affaire suivie par :

CERTA

Objet : Bulletin d'actualité 2008-23


Conditions d'utilisation de ce document : http://www.certa.ssi.gouv.fr/certa/apropos.html
Dernière version de ce document : http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2008-ACT-023

Gestion du document

Le bulletin d'actualité est disponible dans son intégralité et au format PDF à l'adresse suivante :

http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2008-ACT-023.pdf

Un extrait du bulletin, ne reprenant que les articles de la semaine, se trouve en HTML à l'adresse suivante :

http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2008-ACT-023/

1 Les incidents de la semaine

1.1 Le danger du cohébergement

1.1.1 Les faits

Cette semaine, le CERTA a participé au traitement d'un incident relatif à la compromission d'un site Web. Le CERTA a été informé de la présence de pages frauduleuses sur un site hébergé en France. Suite à ce signalement, le CERTA a pris contact avec le propriétaire du site pour bloquer l'accès aux pages malveillantes. Le responsable du site Web fut étonné de constater cette compromission, son site ne contenant, à l'origine, qu'un fichier statique au format HTML. Le compte légitime, utilisé pour modifier le site, n'a visiblement pas été compromis. Les soupçons se sont donc rapidement tournés vers le mode d'hébergement. En effet, le site était cohébergé sur un serveur avec des sites dont la sécurité a pu être contournée. Une fois l'un de ces sites compromis, l'attaquant pouvait modifier à sa guise l'ensemble des sites et des données du serveur.

Le CERTA recommande de considérer avec la plus grande attention la solution de cohébergement et de ne pas hésiter à questionner l'hébergeur sur l'étanchéité entre les différents espaces des clients. La note d'information du CERTA sur l'hébergement mutualisé aide le lecteur dans son éventuelle analyse de risques et le choix d'exigences (cahier des charges) et de mesures adaptées.

1.1.2 Documentation

1.2 Des applications orientées « jeux » attaquées

La veille du CERTA en matière de vulnérabilités ne couvre pas l'ensemble des applications utilisées. Parmi les failles qui nous ne traitons pas, on retrouve notamment toutes celles qui concernent des jeux en réseau (qui sont loin de ne pas être concernés par les vulnérabilités).

Le CERTA n'a pas de visibilité directe ni de remontées à propos d'attaques ciblant les jeux en réseau (que ce soit du côté serveur ou du côté client). En revanche, nous constatons que les sites Web utilisés par les joueurs pour discuter entre eux sont régulièrement compromis. Cela a récemment été le cas, suite à la découverte d'une vulnérabilité affectant l'applicatif phpRaider (logiciel facilitant l'organisation d'événements pour les jeux massivement multi-joueurs).

Les applications orientées « jeux » doivent être considérées par leurs administrateurs comme tout autre logiciel. Elles ont des mises à jour de sécurité à appliquer, et leur déploiement sur des sites Web doit être fait avec la même rigueur que pour un site « professionnel ».

1.3 Des redirections trompeuses

Cette semaine, le CERTA a traité plusieurs cas de redirections malveillantes. Il existe sur l'Internet bon nombre de sites offrant la possibilité de réduire considérablement des adresses réticulaires (URL) trop longues ou trop compliquées à retenir ou à échanger. Ces sites permettent de créer un lien court qui redirigera le visiteur vers la page enregistrée sous une autre adresse. Or, bien souvent, aucun contrôle sur la validité de la page destination n'est effectué par les responsables du service. Des individus malintentionnés profitent donc de la fonctionnalité pour rediriger leur victime vers des pages frauduleuses ou falsifiées imitant, parfois à la perfection, des sites légitimes (ce sont typiquement des sites de filoutage ou phishing).

Le CERTA recommande de ne pas suivre ce genre de liens pour accéder à des sites sécurisés (comme des sites bancaires). Il est préférable dans ce cas de recopier manuellement l'adresse d'origine dans son navigateur.

De manière générale, le CERTA rappelle qu'il ne faut pas cliquer directement sur des liens contenus dans les corps de messages électroniques pour accéder à la page.

2 Injection de code indirecte non persistante ... réellement ?

Faisons un petit retour sur les vulnérabilités par injection indirecte de code. Ce type d'attaque, aussi appelé Cross-Site Scripting ou XSS, consiste à injecter du code dynamique (javascript, vbscript, .NET ASP, ...) dans un champ d'un site Internet. En retour, le site restitue le code injecté au moment de répondre au client, et le code dynamique est donc exécuté par son navigateur. Mais, derrière cette définition générale, on peut décliner deux concepts : le cross-site scripting persistant et le cross-site scripting volatil.

Le cross-site scripting dit persistant profite de l'enregistrement des informations transmises au serveur pour rester actif dans le temps. C'est par exemple le cas des forums de discussion vulnérables à l'injection de contenu dynamique. Le message posté et contenant du script hostile est enregistré dans un espace de stockage (une base de données par exemple) et restitué à chaque internaute souhaitant consulter ce message. Le script contenu dans celui-ci est alors interprété avec tout ce que cela implique.

Le cross-site scripting dit volatil, quant à lui, profite d'une faille à la création de contenu dynamique dépendant de la requête de l'utilisateur. C'est par exemple le cas des pages d'erreurs affichant dans le message renvoyé à l'internaute le contenu de la requête générant l'erreur. On peut donc imaginer que cette requête est dépendante d'une action volontaire de la personne consultant le site, et que, par conséquent, elle est nettement moins facilement exploitable. C'est en tout cas ce que pensent certains administrateurs de tels sites lorsque le CERTA les appelle pour leur signaler ce genre d'incident.

Et pourtant, quelques techniques voient peu à peu le jour afin d'exploiter ce genre de failles malheureusement très répandues :

  • la première consiste à s'inspirer des techniques de phishing afin de forcer, via un courriel spécialement construit, un utilisateur à aller consulter le site vulnérable à partir d'une requête contenant de l'injection de code indirecte. Cette technique est efficace mais très peu ergonomique pour un attaquant ;
  • la deuxième consiste à créer une page Web ayant un grand nombre d'URL contenant l'exploitation de cross-site scripting touchant des sites divers et variés. Cette page peut se trouver référencée par des moteurs de recherche, ce qui implique que les liens malveillants exploitant des failles de sites vulnérables sont proposés à tout internaute faisant une recherche sur l'Internet. On passe alors du mode volatile au mode persistant, tout cela grâce aux moteurs de recherche. Une faille considérée comme anodine peut alors avoir un impact important.

Outre une forte atteinte à l'image, ces attaques impliquent la responsabilité pénale des créateurs et hébergeurs de ces sites, dès lors qu'avisés d'une telle vulnérabilité, ils ne prennent aucune disposition pour empêcher ce détournement de fonctionnalité.

Comment se prémunir de ces failles ? Tout simplement en appliquant le meilleur précepte de la sécurité informatique : interdire tout par défaut, et n'autoriser que ce qui est spécifiquement attendu. Pour un site Internet, cela se concrétise par une gestion et une vérification rigoureuse des valeurs retournées à un site (que ce soient des valeurs saisies par l'utilisateur ou des paramètres dynamiques générés par le navigateur). Il est par exemple inutile d'autoriser les caractères spéciaux lorsqu'on s'attend à recevoir un paramètre numérique. Cette gestion est bien souvent plus facile lorsqu'elle est mise en place au cours du développement initial que lorsque l'on doit réagir suite à la découverte d'une vulnérabilité.

3 État des mises à jour pour Flash Player

L'actualité récente a fait état d'une vulnérabilité d'Adobe Flash Player massivement exploitée. Cette vulnérabilité est corrigée depuis la dernière version de Flash Player (9.0.124), et a fait l'objet de l'avis CERTA-2008-AVI-197.

De récentes statistiques ont été publiées sur un bloc-notes, concernant selon l'auteur plusieurs centaines de millieurs de visiteurs uniques. Ces chiffres ont été obtenus par Google analytics. Si l'on ne peut se fier entièrement à ce genre de données, les statistiques publiées nous donnent un ordre d'idée de l'état des mises à jour de Flash Player. Ainsi, seuls 17,5% des visiteurs du site avaient la dernière version du logiciel le 29 mai 2008, alors que la mise à jour est disponible depuis le 08 avril 2008.

La raison de ce chiffre très bas est simplement que l'application ne se met pas à jour automatiquement et qu'il faut le faire manuellement via le site d'Adobe.

Le CERTA rappelle que plusieurs versions d'Adobe Flash Player peuvent être présentes sur la machine en fonction des navigateurs présents. Comme cela a été dit dans le dernier bulletin d'actualité, il est possible de vérifier les versions que l'on a en visitant un swf présent sur le site d'Adobe. Il est vivement recommandé de mettre à jour le plus rapidement possible toutes les instances d'Adobe Flash Player présentes sur sa machine.

3.1 Documentation

4 Compromission indirecte par triche ARP

Le CERTA avait mentionné dans un précédent bulletin d'actualité (CERTA-2007-ACT-038) le scénario d'un incident bien particulier : les utilisateurs qui naviguaient sur un site récupéraient des pages contenant des cadres iFrames malveillants, bien que le code source de ces pages sur le serveur Web soit resté intègre.

Cette attaque se réalise en trichant au niveau du protocole ARP (Address Resolution Protocol) qui sert à la traduction d'une adresse réseau (IP par exemple) en adresse « locale », et essentiellement ethernet (MAC).

Des incidents relatés cette semaine dans la presse permettent d'enrichir ce scénario par d'autres cas de malveillance. Voici un scénario envisageable :

  1. l'hébergeur a positionné différentes machines d'hébergement dans une même zone de diffusion (broadcast) ARP ;
  2. l'une de ces machines a pu être compromise par le biais d'une configuration trop laxiste ;
  3. la personne malveillante décide alors de faire un empoisonnement de tables ARP. La machine compromise se fait ainsi passer pour une interface de l'un des routeurs (passerelle) ;
  4. les autres machines d'hébergement envoient le trafic destiné à la passerelle de routage vers la machine compromise, ayant leurs tables ARP corrompues ;
  5. la machine malveillante réceptionne ce trafic, et décide de modifier toute réponse HTTP par des données différentes ou une redirection ;
  6. les utilisateurs allant naviguer sur l'un des sites hébergés par une de ces machines voient un contenu différent : les sites semblent être compromis !

Le fait que les machines victimes de ce détournement de trafic soient configurées de manière propre et sécurisées (mises à jour établies, tests d'intégrité des fichiers effectués, configuration restrictive mais suffisante, etc.) n'intervient pas dans le scénario.

Ces attaques par empoisonnement de tables ARP ne sont pas récentes. Des mesures existent pour les prévenir et/ou les détecter. De manière générale, certaines méthodes consistent à :

  • cloisonner les zones de diffusion ARP. Des réseaux virtuels VLANs peuvent réduire ces zones ;
  • associer de manière statique des adresses MAC et IP dans les tables ;
  • considérer toute trame ARP et signaler toute incohérence de réponses ;
  • comparer les trames IP qui transitent afin de détecter des condensats (hash) répétés ;
  • etc.

La grande difficulté dans cette attaque est l'interprétation faite par l'utilisateur. Ce dernier ne peut pas distinguer si le réseau de l'hébergeur subit des détournements de trafic indésirables ou la machine du site Web est réellement compromise. Il ne peut constater qu'une chose : les données qui lui sont transmises en réponse sont malveillantes (injections de codes, etc.) et/ou ne correspondent pas à ses attentes (défiguration).

En d'autres termes, il est important de considérer la politique de sécurité de son site Web comme un tout. Il n'est pas suffisant de la limiter à la configuration d'une seule machine.

Cette politique doit également prendre en compte l'environnement d'hébergement et les risques sous-jacents.

Documentation

5 Un safari qui fait parler de lui

Cette semaine, différents sites ont fait état de la présence d'une vulnérabilité non corrigée présente dans le navigateur Safari. Cette vulnérabilité est couverte par une alerte du CERTA (CERTA-2008-ALE-008). Revenons un peu sur cette vulnérabilité afin de mieux comprendre ses impacts suivant les systèmes d'exploitation.

5.1 Principe de base de la vulnérabilité

Comme décrite dans l'alerte CERTA-2008-ALE-008, cette vulnérabilité permet, via un site spécifiquement construit, de forcer le téléchargement de n'importe quel type de fichier à l'insu de l'utilisateur. Les fichiers ainsi téléchargés se retrouvent alors dans le répertoire défini par défaut :

  • Sous Windows : le répertoire par défaut est le « bureau » de l'utilisateur.
  • Sous Mac OS X, version 10.4 et versions antérieures : le répertoire par défaut est le « bureau » de l'utilisateur.
  • Sous Mac OS X, version 10.5 : le répertoire par défaut est le répertoire Downloads de l'utilisateur.

5.2 Impact immédiat de la vulnérabilité

Pour la personne ayant découvert la faille, l'impact réside dans le fait de forcer le téléchargement d'un grand nombre de fichiers sur le disque. Cependant, sans contester de la gêne occasionnée par une telle exploitation, certains scénarios pourraient être plus hostiles (téléchargement de binaires par exemple).

5.3 Impact indirect de la vulnérabilité sous Windows

Microsoft a publié un bulletin de sécurité officiel à propos de cette vulnérabilité. Si l'on regarde de plus près ce bulletin, on découvre qu'il existe un impact indirect résultant à la fois du comportement vulnérable de Safari, mais aussi d'un comportement par défaut de Windows et d'Internet Explorer, non précisé, mais qui permettrait, selon Microsoft, d'exécuter du code de manière subtile et cachée à distance.

Dans l'attente de détails sur la vulnérabilité, le CERTA rappelle quelques principes de navigation : il est important de désactiver par défaut l'interprétation de tout code dynamique (ActiveX, JavaScript, Flash, etc.) et de ne pas ouvrir en ligne des fichiers susceptibles de contenir de tels codes (PDF, etc.).


6 Rappel des avis émis

Dans la période du 30 mai au 05 juin 2008, le CERTA a émis l'alerte CERTA-2008-ALE-008 et les avis suivants :

  • CERTA-2008-ALE-008 : Vulnérabilité du navigateur Safari
  • CERTA-2008-AVI-283 : Multiples vulnérabilités dans les produits VMware
  • CERTA-2008-AVI-284 : Vulnérabilité dans Tomcat
  • CERTA-2008-AVI-285 : Vulnérabilités dans CA Secure Content Manager
  • CERTA-2008-AVI-286 : Vulnérabilité dans Sun Solaris
  • CERTA-2008-AVI-287 : Plusieurs vulnérabilités dans Cisco PIX et ASAX
  • CERTA-2008-AVI-288 : Vulnérabilités dans Skype
  • CERTA-2008-AVI-289 : Vulnérabilité dans IBM WebSphere Application Server
  • CERTA-2008-AVI-290 : Vulnérabilité dans des produits Kaspersky
  • CERTA-2008-AVI-291 : Multiples vulnérabilités dans les produits VMware


Liste des tableaux

Gestion détaillée du document

06 juin 2008
version initiale.


CERTA
2014-01-17
Premier Ministre / Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale / Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information webmestre Dernière mise à jour : le 2017-07-21